Georges Simenon naît en février 1903 à Liège. Après des études catholiques qu'il interrompt rapidement, il entre en janvier 1919 à La Gazette de Liège comme journaliste. Il n'a que 16 ans et fait publier sous le pseudonyme de Monsieur Le Coq ses premiers articles. Bientôt viendront des contes puis un roman humoristique en 1921 signé Georges Sim : Au Pont des Arches. Il arrive à Paris en 1922. En trois ans, outre des billets d'humeur et des nouvelles, il produira pas moins de 70 contes pour le journal Le Matin. L'épouse du rédacteur en chef n'est autre que Colette. C'est elle qui, par son exigence, l'aidera à travailler son style. Simenon a soif d'écrire. Il va utiliser jusqu'à 17 pseudonymes en même temps pour faire éditer ses premiers romans : légers, grivois, aux titres racoleurs.
En 1929, dans le roman Train de nuit, un nouveau personnage fait son apparition : le commissaire Jules Maigret. Il n'est encore qu'une ébauche, une silhouette. Mais c'est Pietr-le-Letton qui sera le véritable début d'une longue série de 40 titres. En 1940, la guerre conduit Simenon à se réfugier à La Rochelle puis en Vendée. Il vivra tour à tour à Fontenay-le-Comte, Vouvant, Saint-Mesmin-le-Vieux, Les Sables d'Olonne... De nombreux ouvrages y verront le jour. Bien plus tard, lorsqu'en 1945 il part faire le tour du monde avec sa famille, il deviendra reporter, photographe. Curieux de tout, il puise son inspiration dans ses rencontres. Il s'installe aux États-Unis. « J'ai passé ma vie à partir, déclarera-t-il. Je voulais toujours connaître autre chose. Au fond, j'étais à la recherche de l'homme. Et l'homme, c'est chez la femme que je le trouvais. » Lors d'un voyage promotionnel organisé par son éditeur, le couple Simenon et leurs quatre enfants retrouvent l'Europe. Ils s'installent dans le sud de la France. L'auteur fréquente Pagnol, Clouzot, Cocteau, Fellini. C'est la gloire. Les adaptations cinématographiques de ses romans sont nombreuses et bien accueillies par le public. Il présidera même le festival de Cannes en 1960. Maigret fait son apparition sur le petit écran en 1967 sous les traits de Jean Richard. La télévision lui offre définitivement la popularité.
C'est en Suisse que Georges Simenon finira ses jours. En 1970, le décès de sa mère, avec laquelle il entretint toute sa vie des relations difficiles, le plonge dans une profonde mélancolie qui l'empêche d'écrire. Lettre à ma mère paraît en 1974. Quatre ans plus tard, sa fille, dépressive, met fin à ses jours, léguant à son père des cassettes enregistrées. Simenon les utilisera pour écrire Mémoires intimes et Le livre de Marie-Jo qui marqueront un terme définitif à sa carrière de romancier. Georges Simenon s'éteint le 4 septembre 1989. Ses cendres, comme celles de sa fille, reposent au pied du cèdre du Liban de la maison familiale de Lausanne. |